Thomas Cocquelet Champion du Monde KPWT en 2005 et Hangtime en 2006 nous accorde un peu de son temps pour faire le point sur sa carrière dans le monde du kitesurf, et son changement récent de « crèmerie ». Il démarre l’année 2009 chez Slingshot, cela promet donc d’être fort…
Thomas, tu as longtemps ridé en compétition pour Cabrinha, peux-tu revenir un instant sur le lien qui s’est créé entre toi et la marque ?
Mon histoire commence avec un départ. En effet, c’est parce que je suis venu m’installer avec ma famille dans le sud de la France en fin 2001, que j’ai pu avoir l’occasion de m’entraîner à passer mes premiers sauts de façon vraiment différente, et vouloir m’engager à fond. Il faut dire que le début des années 2000 a été en Languedoc-Roussillon révélateur d’une certaine émulation de la part des compétiteurs. Tout le monde était présent, Christophe Roussin, Christopher Tasti, Malik, Manu Vergeli, Micka Fernandez, Franz Olry, Raphaël Salles, Raphaël Selles, etc…c’est barge le gratin qui se trouvait sur les plages « montpelliéraines » !
Evidemment, le gosse de 15 ans que j’étais ne pouvait que vouloir copier les maîtres de l’époque. C’est à cette période, que je signe mon premier contrat avec Cabrinha. Au départ, le prêt de voiles me permet de m’entraîner pour pouvoir participer aux étapes du Championnat de France, que je gagne en 2003 en freestyle et speedcrossing catégorie junior, et deviens vice champion d’Europe Junior Freestyle la même année. 2003, marque un tournant pour moi, car mes prix démontrent à mes différents sponsors que le meilleur reste à venir. C’est ainsi que s’engage une très bonne relation avec Cabrinha…
Justement, tu as fait partie des riders qui ont dû changer leur façon de naviguer avec l’arrivée technique des ailes plates, petit retour en arrière :
C’est vrai que les ailes plates arrivent juste au moment où je suis Champion du Monde kpwt en 2005, et que cela n’est pas facile de défendre son titre avec des voiles d’un nouveau genre, et que tu dois véritablement réapprendre non pas à faire de nouveaux tricks mais à devoir poser tout ce que tu savais faire auparavant. En fait, c’est toute la gestuelle qu’il faut repenser, redéfinir… notamment pour les handlepass ! Bon en même temps ça m’a permis de prendre beaucoup plus d’engagement. Le kite tirant plus fort, tu ne génères carrément pas la même puissance surtout pour le wakestyle, qui était de plus en plus à la mode sur les hits. Par contre les ailes plates ont été une pure révélation en ce qui concerne les hangtimes. Beaucoup plus de portance, parce qu’on a la possibilité de tenir le kite plus loin dans un vent plus fort !
2006-2008, passage à vide, envie d’autre chose, ou tout simplement prise de recul ?
Le changement d’ailes, le passage du C shape en plat qui à l’époque n’était pas fait pour la compétition ne m’a pas facilité la tâche, les tailles pas forcément appropriées sans parler de la navigation difficile en déhooké, tout ça ne m’a pas aidé.
Cette période m’a tout simplement permis de faire un point sur mes envies, sur ma vie également. En effet, être en compétition, présent sur les tours demande une disponibilité tout en n’assurant pas ses arrières. Le kitesurf est un sport jeune, et ne représente pas suffisamment d’enjeux financiers importants pour attirer des sponsors extra kite. Il est clair qu’aujourd’hui bon nombre de riders ne peuvent pas vivre de ce sport, ce qui est réellement dommage pour stimuler l’esprit de compétition en lui-même !
Aujourd’hui, je suis dans un état d’esprit différent. Je recherche avant tout du plaisir. La sensation pure de la glisse qui nous a tous animé à un moment dans notre pratique du kite et mon nouveau partenariat avec Slingshot m’offre cette opportunité.
Oui parlons de ce nouveau sponsoring avec Slingshot, marque qui revendique une image assez trash…
C’est vrai que Slingshot pourrait s’apparenter à une marque pour riders fous, ce à quoi j’adhère complètement ! Rejoindre le groupe me procure énormément de plaisir, car non seulement l’ensemble du staff est composé de personnes que j’apprécie particulièrement, mais le matériel rassemble tout ce que je recherche : nervosité, engagement, vitesse de rotation, tout pour pousser vers du freestyle à l’état brut… ce qui est en phase avec mon style de navigation.
Parlons plus en détail des RPM, ces voiles arrivées sur le marché, dont tout le monde parle…mais que personne n’a encore touchées !
J’ai reçu les voiles et suis parti direct à l’eau le week-end du 1er mai, en 12m² par 15knds, et en 8m² dans 30knds.
Première impression lors de la sortie du sac, je suis hyper surpris par la découpe des oreilles, et une aile presque « plus large que longue ». Au décollage, une aile douce qui permet pas mal d’erreur de pilotage, donc avec beaucoup de tolérance, ce qui est très sécurisant. Une rotation de fou, une pêche vraiment incroyable, mais ce qui est le plus surprenant c’est que toute cette force n’est absolument pas ressentie en barre, d’où encore la sensation de sécurité. L’idée que tu ne vas pas te faire « arracher » reste bien présente, et permet de véritablement se détendre et donc de tenter des tricks avec plus d’envie et moins de retenue ! La RPM réussit le mariage incroyable de la puissance d’un C shape et l’ultra sécurité d’une aile plate, tout en laissant percevoir au rider qui la pilote l’énorme potentiel en terme de performance et de polyvalence. Merci Youri pour la machine !!!